Marathon de Paris 2018 : j’encourage mon amie Morgane

Hier j’ai assisté à mon premier marathon. Et pour commencer en douceur, j’étais du côté des supporters, pour encourager mon amie Morgane.

Il y a un an, je courrais mon premier semi-marathon avec elle (Lire ou relire mon compte-rendu de la course, ici). Je la connaissais à peine à l’époque et depuis, elle est devenue, une amie (vivre ce genre de courses à deux, ça rapproche, ça créé des liens uniques). Tout de suite après le semi-marathon de Paris, elle s’est inscrite au Marathon de cette année. Impensable pour moi à l’époque ! Depuis, elle a mené une préparation parfaite, irréprochable, elle n’a raté aucun entrainement. Elle est d’une rigueur, d’une discipline et d’une volonté incroyables. En plein hiver, elle a mené sa préparation de front, en plus de son travail, de sa vie perso… Et aujourd’hui, elle est marathonienne. Bravo Morgane. Mille bravos.

Morgane est ce genre de fille qu’on a envie d’apprécier, d’aimer, de soutenir. Le genre de fille que tu as envie d’encourager sur ce défi incroyable qu’est le marathon. Je lui ai vite promis d’être là, de crier pour elle et courir un peu avec elle : autant que ma tendinite me le permettrait. Ce matin, rendez-vous était donc pris.

En tout, on était 7 à ses côtés, tout au long de la course. (Quand je vous dis qu’on a envie de la soutenir et de l’aimer cette fille !!). Certaines de ses amies étaient là au début, nous au milieu, d’autres à la fin et puis tout le monde à son arrivée… Elle le méritait tellement.

Avec Justine et Aurélie on a partagé la tranche 11ème-20ème kilomètres : au coeur de Vincennes. On l’a attendue et récupérée à côté du drapeau indiquant le 11ème kilomètre. Je lui attrape la main, elle va bien, elle est en forme, me fait même une blague : tout va bien. On déroule jusqu’au 20ème kilomètre : elle a chaud mais va bien. Pendant neuf kilomètres, j’en prends plein les yeux mais surtout plein le coeur. Il y’a ceux qui courent en poussant un proche dans un fauteuil roulant, ceux qui courent avec un non-voyant, ceux qui courent en couple ou entre amis et bientôt, passeront la ligne d’arrivée main dans la main, celle qui le court en mémoire de l’autre, celui qui le court pour lui, pour se prouver ce dont il est capable… et puis, il y a moi au milieu de tous ces gens, beaux, forts, émus… Plusieurs fois, j’ai les larmes aux yeux. C’est beau un marathon. Si beau. C’est un concentré d’émotions, de vie, un symbole de liberté, de courage, de solidarité. Je pense à tout ça. J’ai vraiment envie de vivre cette course « pour de vrai », l’année prochaine. Je suis tellement contente d’être inscrite même si je sais que ce sera dur…

On laisse Morgane au 20ème kilomètre, entre les mains d’une autre amie qui court avec elle jusqu’au 27ème kilomètre. Là, un coach la rejoint pour la booster sur cette dernière partie du marathon, la partie qu’elle ne connait pas. Pendant sa prépa elle est allée jusqu’aux 30 kilomètres. Ce sont les douze derniers qui risquent d’être difficiles… J’ai peur qu’elle souffre de la chaleur, qu’elle se mette à marcher et n’arrive pas à repartir. Pourtant, elle ne lâche rien. On la retrouve au 30ème kilomètre, elle n’est déjà plus vraiment là, elle déroule, elle écoute son coach, elle ne parle plus. Mais son rythme est constant, elle gère parfaitement sa course. On reste avec elle quelques mètres et puis on laisse son coach faire son boulot.

On file à l’arrivée et avec de la chance on trouve une super place, au 42ème kilomètre, d’ici on voit la ligne d’arrivée, à, à peine 200m… Elle arrive dans une quinzaine de minutes. En attendant, on profite : on voit tous ces coureurs… Ils savent qu’ils ont réussi, qu’ils y sont presque : dans 200m ils seront marathoniens. Il y a les couples qui terminent main dans la main… Comme ils sont beaux. Ceux qui pleurent déjà en voyant la ligne d’arrivée… J’ai des frissons, les larmes aux yeux, je veux vivre la même chose.

Mais je vois aussi ceux qui courent comme des pantins « désarticulés ». Ceux qui sont blancs…ou vert ? Ceux qui boitent, une couverture de survie sur les épaules. Et puis, il y a cet homme par-terre.

Il est en position latérale de sécurité, sous une couverture de survie, des secouristes s’occupent de lui mais il est totalement inconscient. Ca dure, 1, 2,5, 10 minutes… Et toujours rien. Ca me semble une éternité, il ne bouge pas, ne répond pas aux sollicitations des secouristes. J’essaie de ne pas trop le regarder, de me concentrer sur les autres. Mais je n’y arrive pas, c’est tellement violent, impressionnant. Toute mon excitation retombe. Le marathon c’est aussi ça : une course intense, dangereuse, surhumaine. Je suis tétanisée, j’ai peur pour lui. Peur pour moi aussi. J’ai envie de pleurer mais pas de joie cette fois. Et si ce défi était trop fou ? Si je m’abimais plus qu’autre chose ? Et si c’était trop dangereux ? Je suis prise d’un énorme doute… Heureusement, l’homme finit par reprendre conscience. Il se relève une première fois, vacille dans les bras des secouristes et de son ami, qui lui met une médaille, qu’il est parti chercher au pas de course, autour du cou. L’homme sourit. Se relève et finit finalement le marathon en marchant…

Je retrouve le sourire, l’envie d’encourager ces incroyables héros d’une journée – lui, le premier. Et puis Morgane arrive. Elle est loin de notre barrière mais on hurle et elle nous voit. Elle souffre, ça se voit mais elle esquisse un coucou de la main, elle y est, elle l’a fait et elle l’a superbement fait. Je suis tellement fière d’elle. J’ai envie de courir les 200 derniers mètres avec elle, de lui prendre la main. On cours sur le côté et on la rejoins quelques minutes plus tard. Elle pleure à chaudes larmes. Elle est belle avec sa médaille au cou, son mascara qui coule et cette magnifique fierté… Bravo ma Morgane. Tu es marathonienne.

Et merci aussi. Merci de nous avoir fait vivre ce merveilleux moment. De nous avoir réunies autour de ton incroyable force. De nous avoir fait traverser toutes ces belles émotions. De m’avoir donné envie, moi aussi, de devenir marathonienne, de vivre cette course de l’intérieur, pour de vrai. Pour moi. Et un peu pour toi aussi, pour te rendre tout ce que tu nous as donné aujourd’hui.

A bientôt, joli marathon de Paris.

16 réflexions sur “Marathon de Paris 2018 : j’encourage mon amie Morgane

  1. Cécilia dit :

    Trop bien ton article. De la motivation, de l’emotion, les réalités de cette course mythique.
    Et c’est vrai qu’on a envie de suivre , soutenir et aimer Morgane. Elle nous donne tellement en motivation.
    Et ce sera bientôt ton tour.

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  2. Lauranne dit :

    Quel article ! J’ai versé ma petite larme ! Je vous ai suivi tout ce temps sur insta et c’etait déjà fou de l’exterieur. Et là ton récit de l’interieur nous prends aux tripes. Encore félicitation à Morgane et un grand bravo à sa team de choc !

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  3. Marie dit :

    Bouuuh trop d’emotions de lire tout ça, c’etait vraiment une journée dingue. Chargée en émotions. Et je suis bientôt d’accord avec toi sur tout ce sue tu dis de Morgane, elle a tant méritée tout ça, c’est aussi pour ça que si sa victoire est d’autant plus belle 😍.
    C’était aussi un plaisir de vous revoir, de partager ce brunch avec vous.
    Et comme je t’en l’ai dit, j’en suis persuadée, tu sera marathonienne 2019!

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    • Coquelicot et Basilic dit :

      Hello Marie,

      Merci pour ton commentaire. On est toutes d’accord sur la force de notre wonder Mogo 😉

      Plaisir partagé 😉 c’était vraiment une super journée.

      Merci beaucoup pour l’année prochaine, je ferai tout pour réussir à remporter ce beau défi ! 🙂

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  4. caroleclems dit :

    Bravo pour ce récit, j’adore ton style d’écriture. Grâce à toi, nous vivons l’aventure comme si nous y étions. Félicitations à Morgane. Et sois sûre qu’on sera là pour te soutenir et, avec nous, tu termineras le marathon de Paris 2019 !

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